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Rameaux 1

PÂQUES et la SEMAINE SAINTE

La Semaine appelée « SAINTE » est, après les 5 dimanches de Carême, le temps de préparation à Pâques. Elle suit le cheminement de Jésus : de la glorification lors de son entrée à Jérusalem, puis de la Mort à la Vie, de sa Crucifixion à sa Résurrection.

La fête chrétienne de Pâques trouve ses racines dans la fête juive de la Pâque. Les chrétiens ont reconnu dans la mort et la résurrection de Jésus l’accomplissement de ce que préfigurait la sortie d’Egypte : la libération du mal et de la mort et l’entrée dans la vie donnée par Dieu.

La célébration de la bénédiction des Rameaux devient le 1er jour, incluant déjà une lecture de la Passion : paradoxe entre l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem et sa mise à mort quelques jours plus tard -. Chaque jour, du lundi au samedi est « saint », en raison de la sainteté des mystères dont on fait commémoration.

La pensée du sacrifice et de la mort du Christ deviennent la pensée commune : les relations ordinaires sont suspendues, les offices divins et la prière absorbaient la vie morale toute entière, en même temps que jeûne et abstinence sont pratiqués.

La Semaine Sainte dans l’Eglise catholique de rite latin, se compose pour nous aujourd’hui

d’une part :

  • de la Fête des Rameaux, l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique.
  • des lundi, mardi et mercredi saint, sans cérémonie particulière sauf la Messe Chrismale, avec l’Evêque, dans la cathédrale. Ces jours préparent au mystère de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour les hommes.
  • du Jeudi qui fait revivre l’institution de l’Eucharistie au cours de la Cène ; le Christ y fait l’offrande de son Corps et de son Sang pour la vie nouvelle, préfiguration du sacrifice sur la croix.

d’autre part le « triduum pascal »

  • le vendredi est centré sur la Passion et la mort du Christ, la méditation de la croix, sans messe. Les chrétiens s’unissent aux souffrances du Christ pour le salut de tous en faisant pénitence.

  • le samedi – sans messe également – est vécu dans l’attente de la proche résurrection, lumière se levant dans la nuit des hommes.

La veillée pascale, dans la nuit du samedi au dimanche appartient au temps liturgique suivant : le TEMPS PASCAL.

LA FÊTE des RAMEAUX

Rameaux 1Le temps du CARÊME nous préparait à un cheminement de conversion. Un dernier saut est à accomplir : nous entrons dans les pas du Seigneur qui ouvre les portes du Royaume avec la mémoire d’une entrée triomphale à Jérusalem, et le récit de la Passion. Nous plongeons dans le mystère de Dieu qui nous conduit, à la suite du Christ vers une vie de ressuscités.

Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus entre à Jérusalem où il est accueilli triomphalement par le peuple tenant des branches ou palmes : « Ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre » Jn 12,13. La foule l’acclame comme un roi, roi juché sur un ânon : « Hosanna ! » ; elle a appris ses bienfaits auprès des malades, infirmes, et même vis-à-vis de Lazare qu’il ressuscita. Les juifs attendaient en effet un « Messie », un roi sauveur. Ils sont sincères dans leurs acclamations.

La tradition veut que l’on emporte ensuite ces rameaux bénis pour orner les croix, icônes, dans les maisons, geste de vénération et de confiance.

Jésus sait qu’il se dirige vers sa propre mort ; il n’a plus de raison de se cacher. La multitude l’acclame, mais les chefs religieux et politiques n’en sont pas. La victoire célébrée est intérieure, celle qui est remportée sur le péché, s’accomplit par l’amour et assure le salut.

LITURGIE DES RAMEAUX :

  • Prière de bénédiction, Évangile – Matthieu 21, 1-11,

  • Procession

MESSE DE LA PASSION

  • Ouverture, Lecture Isaïe 50, 4-7, Psaume 21

  • Lecture de Paul aux Philippiens 2, 6-11

  • Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon Matthieu

  • Suite de la messe

LUNDI SAINT

« Quand nous tombons à cause de notre faiblesse, donne-nous de reprendre vie par la passion de ton fils bien-aimé. » Prière d’ouverture.

Deux figures : Marie et Judas.

Jésus accepte la joie du repas que Marthe, Marie et Lazare font en son honneur ; il ne fait aucun reproche à la dépense exagérée de Marie, mais accueille son don. « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ». Marie donne, mais ce n’est pas son exubérance qui compte, c’est l’amour. Jésus est venu, non pour juger, mais pour sauver

Jésus sait que sa mort approche, et l’accepte : « Il fallait que le Fils de l’Homme fût livré » Mt 16,21, … Il conjugue liberté divine et liberté humaine.

Judas avait dit : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cent pièces d’argent, que l’on aurait données aux pauvres ? » Se préoccupait-il des pauvres ? Plutôt de lui.

Marie donne à Jésus, Judas prend pour lui. Jésus donne tout à son Père, par amour.

MARDI SAINT

«  Aide-nous, Dieu éternel et tout puissant, à célébrer les mystères de la Passion du Seigneur de telle sorte que nous obtenions le pardon ». Prière d’ouverture.

Deux figures : Judas et Pierre.

Les apôtres restent ensemble, et parmi eux, Judas. Les 11 ne comprenant pas la parole de Jésus : « L’un de vous me livrera. » Durant le repas pascal juif, on donne la 1ère bouchée à une personne que l’on veut honorer. C’est ce morceau qui a été donné à Judas qui pouvait être pardonné ; mais il ne préfère pas, et ira jusqu’au bout.

Pierre veut rester fidèle, mais le Seigneur le rappelle au réalisme : « Tu me renieras… » Pierre regrettera, et son regard croisant celui de Jésus, il se sait pardonné. Ce n’est pas chose facile que d’aller se réconcilier et obtenir le pardon.

MERCREDI SAINT

« Puisque tu as voulu que ton Fils fût crucifié pour nous afin de nous arracher au pouvoir de Satan, fais que nous puissions recevoir la grâce de la résurrection. » Prière d’ouverture.

Ce jour, on peut penser que Jésus a cherché à être seul pour méditer et être avec son Père.

Isaïe : « Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé… ».

Nous également, pouvons méditer :

Judas attend un don révoltant. Je peux dire : « Non, je ne trahirai pas ». Mais souvent mes intentions se tournent d’abord vers « moi ». Soyons disponibles pour recevoir la grâce de la résurrection.

Les apôtres font ce que Jésus leur a demandé. Pierre : « Je donnerai ma vie pour toi ! ». Il a tout de même livré son maître au mensonge de son reniement.

Ce mercredi saint est un jour de jeûne, un temps pour se consacrer à Dieu seul, abandonnant pour un moment les séductions de la nourriture, les satisfactions habituelles pour en découvrir d’autres, plus profondes. C’est également une occasion de partager.

Jeûne, aumône et prière ; cette dernière donnera la force et l’intelligence pour trouver les gestes qui poursuivront la transformation commencée.

LA MESSE CHRISMALE

La Messe Chrismale n’appartient pas au « triduum pascal ». L’évêque bénit les huiles saintes : celle des catéchumènes, celle des malades, et consacre le Saint Chrême, huile parfumée utilisée pour les sacrements du baptême, de la confirmation, l’ordination des prêtres et évêques.

C’est une messe diocésaine qui rassemble prêtres, diacre, laïcs autour de l’évêque. Chacun renouvelle solennellement ses engagements de service du Christ et de l’Église.

Cette liturgie tournée vers la vie interne, vers le cœur de l’Eglise, rappelle que le cœur de l’Eglise est traversé par le don que le Christ fait de son Eglise au monde … Passons le seuil et partons au-delà de nos murs !

LE TRIDUUM PASCAL

Durant 3 jours, les chrétiens sont invités à passer avec le Christ par le dépouillement, la souffrance et la mort pour vivre, avec lui, la résurrection et entrer dans sa gloire. Le Jeudi Saint annonce la fin du Carême et l’entrée dans le mystère de Pâques.

JEUDI SAINT

Jésus prend son dernier repas (Paul 1 Cor. 11,23-26) avec les 12 apôtres dans la salle dite du « Cénacle ». Paul, Marc, Luc et Matthieu rapportent les récits de la Cène au cours de laquelle, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes. S’identifiant à l’agneau pascal, il institue l’Eucharistie. L’Eglise rattache aussi à ce dernier repas l’institution du sacerdoce, puisque le Christ dit à ses apôtres : « Faites ceci en mémoire de moi » ; c’est une fête particulière pour les prêtres.

Lavement Des PiedsAu cours de la messe, le célébrant procède au rite du « lavement des pieds », en référence à la scène décrite dans l’évangile de Jean où Jésus se fait serviteur des disciples en leur lavant les pieds. Le ou les prêtres lavent les pieds de quelques fidèles. Ce geste fort signifie qu’à l’image du Christ, tous les chrétiens sont appelés à se mettre aux pieds, au service, de leurs sœurs et frères. Le Pape François, a mis l’accent sur ce geste qu’il accomplit sur des prisonniers, des pauvres, des migrants, ceux qui sont souvent loin de l’Eglise, et qu’il accueille ainsi, avec un signe quasiment baptismal, dans la famille des aimés de Dieu.

Après ce repas de la Cène, l’heure approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.

Ce Jeudi Saint, l’église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis les fidèles s’unissent à la prière du Christ, en veillant près du saint-Sacrement – pain et vin consacrés au cours de la messe -.

LITURGIE

  • Gloire à Dieu, Ouverture, Lecture Exode 12, 1-8.11-14, Psaume 115

  • Lecture de Paul aux Corinthiens 11, 23-26

  • Evangile selon Jean 13, 1-15

  • Lavement des pieds

  • Suite de la messe

VENDREDI SAINT

Web (gerd Altmann) Paques Calvaire Croix 2713354C’est le jour où l’on célèbre la Passion du Christ et sa Mort sur la croix – la veille du sabbat -.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », c’est le sens que Jésus donne lui-même à sa mort dans l’évangile de Jean.

Trahi par son disciple, Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements, et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Interrogé par Ponce Pilate, gouverneur romain de la région, flagellé par les soldats, il est condamné à être cloué sur une croix – supplice réservé aux criminels.

Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha, littéralement « Mont du crâne, autrement appelé « Calvaire », et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, il expire au bout de quelques heures. Une de ses dernières paroles est « Tout est accompli ».

Jésus n’est pas un martyr comme les autres ; il a dit de lui-même qu’il mourait de son plein gré pour que tous les êtres humains qui lui feraient confiance deviennent les amis de Dieu pour l’éternité.

A la veille de la Pâque, chacun est pressé de rentrer chez soi, alors il fallait détacher les corps des condamnés. Alors que l’on brise les jambes de ceux qui entourent Jésus, pour lui, c’est le côté qui est transpercé, et il en sort « de l’eau et du sang », symboles du baptême et du partage du pain et du vin. Descendu de la croix par ses proches, il est enveloppé dans un linge blanc – le linceul – et mis au tombeau.

Les chrétiens sont appelés au jeûne, démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ.

Deux célébrations :

Il est proposé aux fidèles un « Chemin de croix » qui suit les étapes de la Passion du Christ, en 14 stations : de sa condamnation à sa mise au tom beau. Au cours de cette célébration, on s’associe à la souffrance de Jésus et à celle des humains à travers le monde.

L’office du Vendredi saint, appelé « Célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de la Passion – Jean 18, 1-19,42. Il a lieu le soir, on y lit la passion, puis on vénère la croix en procession après avoir entendu une longue prière universelle à l’intention du monde. La croix est présentée par 3 fois aux fidèles : « Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde », et les fidèles répondent : « Venez, adorons ! » ; puis tous sont appelés à venir en procession faire un geste devant la croix : genou à terre, baiser … nous nous unissons au mouvement d’abaissement et d’offrande du Christ.

Il n’y a pas de messe, mais après la récitation du notre Père, on communie aux hosties consacrées la veille.

LITURGIE

  • Ouverture, Lecture Isaïe 52, 13-53, 12, Psaume 30

  • Lecture de Paul aux Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9

  • Évangile : Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon Jean 18, 1-19, 42

  • Longue Prière Universelle

  • Adoration et vénération de la Croix

  • Notre Père et Communion

  • Bénédiction, puis silence et recueillement.

SAMEDI SAINT

Pour les disciples, tout semblait fini. Jésus était mort. Il leur avait pourtant expliqué à plusieurs reprises qu’il devait souffrir et qu’il ressusciterait le 3ème jour. Mais cela, ils ne le comprendront que plus tard.

C’est un jour de silence et d’attente. On ne célèbre ni baptême, ni mariage. La célébration de la résurrection commence le samedi soir à la Veillée Pascale.

Cette célébration du la nuit du Samedi saint au dimanche de Pâques est une « veille en l’honneur du Seigneur » durant laquelle les catholiques célèbrent Pâques, passage des ténèbres à la lumière, victoire de la vie sur la mort. C’est la Célébration par excellence, celle du cœur de la foi chrétienne.

Dans la nuit, on allume le feu nouveau, puis le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, puis la flamme est transmise aux fidèles. Ce cierge brillera dans le chœur durant le temps pascal et toute l’année aux célébrations de baptêmes et de funérailles. Ceux-ci sont invités à renouveler les promesses de leur baptême ; on célèbre également des baptêmes d’adultes.

Jean-Claude Staud, mars 2020.

Agnolo Bronzino, Descente Du Christ Aux Enfers,1552 Florence

Par Agnolo Bronzino, Descente du Christ aux enfers,
Florence (1552) église de Sta Croce (photo RKM)

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Robert

RKM

C’est quoi « la Semaine Sainte » ?

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