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Bienvenue sur le Secteur Pastoral du Pays Mornantais

Ce secteur regroupe deux paroisses des Balcons du Lyonnais :

  • la paroisse Saint Jean-Pierre Néel, avec huit villages autour de Mornant.
  • la paroisse Saint Vincent en Lyonnais, avec huit villages autour de Soucieu-en-Jarrest.

Chaque paroisse a à sa tête son propre curé, mais de nombreuses activités paroissiales sont assurées en commun. Nous espérons que vous trouverez ici les informations que vous cherchez. Si vous êtes un peu perdu, lors d'une première visite, pensez à utiliser sur la page d'accueil les liens d'accès rapide dans la colonne de droite et, éventuellement, la petite loupe à droite du menu supérieur pour taper un mot clé qui évoque votre recherche.

Secrétariat du secteur pastoral

Téléphone : 04 78 44 00 59
Adresse : Cure de Mornant, 8 rue Joseph Venet, 69440 MORNANT

Notre situation au sud ouest de Lyon

Emmanuel Mounier – Dieu Et L’Homme

DIEU et la PERSONNE HUMAINE
dans la philosophie d’Emmanuel Mounier (1905-1950)

Par J.-C. Staudt

Philosophe artisan du personnalisme communautaire, la pensée « pré » et « post » conciliaire d’Emmanuel Mounier invite, par-delà les décennies, à l’engagement de la Foi. Voici quelques aspects du témoignage d’un « chrétien debout », qui, « face à face avec Dieu », entend mener, dans l’unité vécue de la foi et de ses œuvres, une action indissociable dans le monde et dans l’Église.

DIEU

  • est une Personne éternelle. Il est parfaitement ce qu’il est. Il n’a pas à conquérir le monde ; il l’a fait. Il n’a rien à désirer, rien à jalouser, tout est en Lui : l’ « Avoir » a rejoint l’ « Être », à l’infini. Il est la suprême Pauvreté par plénitude de Richesse, le suprême Détachement par plénitude de possession. « La gravité du monde chrétien est à la fois dans la vie et dans l’au-delà de la vie ; car l’au-delà n’est pas un espace hors de notre espace, un temps après notre temps, il est un Être personnel présent au plus intime de nous-mêmes et rayonnant par son incarnation au cœur du monde créé. »
  • dans sa création continue, fait de tout être humain une « personne », un être unique irréductible à tout autre, et porteur, même en dépit d’un handicap, d’une apparence défavorable, d’un potentiel qui appelle son déploiement, de ressources qui aspirent à être explorées et exploitées. Le Dieu chrétien est prodigue d’amour. « Si sa surabondance a multiplié indéfiniment les univers, plus essentiellement encore, elle se complaît à multiplier indéfiniment et de manière indéfiniment variée cette image plus parfaite de la divinité qu’est l’âme humaine. » Cette multiplicité des personnes appelées à la vie divine est justifiée par l’Amour.

LA PERSONNE HUMAINE

  • Est créée à l’image de Dieu. La liberté et la possibilité d’adhérer à des valeurs manifestent la Transcendance, c’est-à-dire Dieu. La personne est un absolu à l’égard de toute réalité matérielle ou sociale, et de toute autre personne humaine ; l’homme est fait à l’image de Dieu : « Il y a dans la personne une passion indomptable qui brille en elle comme un feu divin. » Chaque personne est appelée à recevoir par la vie de la grâce une participation intime et effective à la vie divine elle-même. En retour, le chrétien se donne à une Personne qui l’appelle à développer en lui une participation à la liberté de Dieu, et qui l’éduque peu à peu à cette liberté au cours de l’histoire.
    Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé la nature et l’homme dans un état de perfection instantané ? Dieu est Père, pas paternaliste ; il a voulu que la libération de l’homme soit le fruit du travail, du génie et des souffrances, « qu’elle eût un jour le goût non pas d’une aumône écrasante reçue du ciel, mais de ses espoirs, de ses peines, de ses épreuves, de ses amours ». Il a fallu attendre que la conscience de l’homme ait mûri pour que le Christ s’incarne. Dans le monde renouvelé par le Christ, toutes choses sont à chaque instant nouvelles.
  • Est l’être concret, enraciné dans l’histoire comme dans le cosmos, et transcendant. Capable de conscience en soi, plongé dans le monde des vivants et des choses, il est porté en avant par un élan, un besoin d’infini. Conditionné du point de vue économique, politique, culturel, il est pourtant libre, capable d’intériorité et de don de soi aux autres, de recueillement et d’affrontement. L’existence est incarnée ; je suis une personne dès mon existence la plus élémentaire. L’Être personnel cependant ne se livre pas dans l’immédiateté; il faut le temps de l’histoire pour qu’il advienne en chacun : processus de personnalisation.
  • Est avec les autres personnes : appelée à sortir de soi, comprendre, prendre sur soi, assumer, donner. La personne qui adhère à une hiérarchie de valeurs librement adoptées, assimilées et vécues par un engagement responsable, n’est pas autiste. Elle est un apport utile aux autres, une contribution irremplaçable, un message recevable par autrui. La personne est une « liberté créatrice qui prend le monde comme problème et le construit comme destin », une liaison essentielle à autrui, une présence ; présence qui se mêle aux évènements de l’histoire sans se laisser absorber par les divers groupes qu’elle rencontre sur son chemin. Maîtrise et conquête de soi dans l’apprentissage permanent et la désappropriation, la personne est à la fois appel et offrande, promesse et secret, avec et pour autrui.

Toute existence est « co-existence ». Exister, c’est sortir de soi pour se tenir auprès d’autrui et des choses. La personne fait toujours sentir sa présence à l’instant : elle ne s’évade jamais, elle est affrontement. Elle vit dans le présent, en tant que le présent est la présence de l’éternité dans le temps ; elle est « présence d’esprit » : présence de l’esprit à soi-même, présence de l’esprit au monde, présence de l’esprit aux autres, présence à l’esprit de Dieu. « Je n’existe que dans la mesure où j’existe pour un autre, et, à la limite : être, c’est aimer. »

L’acte fondamental n’est pas de séparer mais de communier. Les relations des personnes sont aux dimensions non seulement de l’ensemble de ses contemporains, mais aussi des êtres passés et à venir. L’être personnel de chacun est spirituel, dépassement, ouverture sur un Infini transcendant qui se dévoile dans l’histoire. La personne comme la communauté sont en quelque sorte des itinéraires.

Le terme même de ce mouvement est l’union à l’Ineffable, révélé dans le christianisme comme Dieu Amour.

DIEU et L’HOMME

La transcendance de l’être personnel a un nom précis : l’appel de Dieu à une communication divine. Cela suppose une conversion intime : le recueillement, le secret, l’intimité, l’appropriation de l’avoir et l’être. Toute la vie est suspendue à l’aspiration de l’amour de Dieu : rendre à Dieu par sa grâce, amour pour amour. Si Dieu, par le Christ, est le seul réconciliateur des hommes, toute rupture de l’homme avec Dieu entraîne du même coup une rupture de l’unité de la personne.

Dieu n’est pas individuel, il est communauté. Chaque personne est créée à l’image de Dieu, chaque personne est appelée à former un immense corps mystique et charnel dans la charité du Christ. « La conception même de la Trinité apporte l’idée étonnante d’un Être suprême où dialoguent intimement des personnes, et qui est déjà par lui-même, la négation de la solitude … ».

  • La personne est « vocation », appel à un « dépassement », appel que l’homme entend avec tout son être, corps et esprit, car il est aussi incarnation, immergé en plein univers, inséré dans diverses sociétés. Il doit savoir, pour répondre à sa vocation, se ressaisir, s’unifier dans un mouvement indispensable et continu de « conversion ». « Au-dessus des personnes ne règne pas la tyrannie abstraite d’un destin, … mais d’un Dieu personnel, qui a donné de sa Personne pour assumer et transfigurer la condition humaine ».
  • A ce mouvement, l’homme est appelé librement. Dieu eût pu créer sur le champ une créature aussi parfaite que peut l’être une créature. Il a préféré appeler l’homme à mûrir librement l’humanité et les effets de la vie divine. L’union à Dieu exprime une joie vraie et profonde qui peut se poursuivre indéfiniment en grandissant toujours. L’être humain découvre sa véritable réalité dans l’union mystique avec Dieu, ce qui implique un engagement au service de la libération des hommes au cœur de l’histoire.
    Il ne peut y avoir de progrès sans but : Dieu est l’étape suprême de la marche du monde, avec ses exigences concrètes, au niveau des humbles réalités charnelles.
  • La foi en Jésus-Christ engage nos existences de façon radicale, nous invitant à agir pour humaniser le monde. Le chrétien assume, il s’engage, non seulement ici et là, mais tout entier dans chaque acte. « L’action des hommes n’est pas pour nous une vocation personnelle qui se cherche des lettres de noblesse, elle est la plénitude de notre pensée et l’enrichissement de notre amour. Il faut nous donner tout entier. »
    Dans la liberté et la conversion de soi-même, Mounier entend participer à la transformation du monde et en même temps jouer pleinement son rôle de laïc chrétien dans l’Église. Selon l’esprit du concile, la foi chrétienne est la source même de l’action la plus temporelle. Il s’agit de mettre en harmonie la double dimension de l’existence chrétienne : combat et espérance, fidélité et liberté, pour réaliser un « engagement total dans une libération continue ». « Dans ce monde inerte, indifférent, inébranlable, la sainteté est désormais la seule politique valable, et l’intelligence, pour l’accompagner, doit garder la pureté de l’éclair. »
    La révolution personnaliste et communautaire est une lutte contre tout ce qui avilit l’être humain, contre les désordres installés … » Mounier veut participer activement à l’engendrement d’une nouvelle civilisation qui puisse trouver la « vraie notion de l’homme ». L’homme libre apparaît non plus comme celui qui combat l’injustice, mais comme celui qui est disponible, réceptif, qui se laisse interroger et peut répondre en s’engageant tout entier : « Me voici ».

Nos engagements chrétiens sont portés par la conviction que Dieu le premier s’est engagé. Il n’est pas resté absent de l’histoire et a accepté de se faire homme. Vatican II maintient cette orientation « Le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné » – Gaudium et spes. Assumer ce mystère conduit à assumer ses responsabilités vis-à-vis de Dieu, d’autrui, mais aussi de soi-même.
La cité de Dieu et la cité terrestre sont mêlées et confondues pour
« tout le temps depuis le jour où commence jusqu’au jour où s’arrête la génération des hommes ».

NB : Pierre Teilhard de Chardin représente la vision théologique du personnalisme.

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