Lien vers les lectures du dimanche 4 janvier
Epiphanie, manifestation de Dieu à tous les peuples
Saint Paul nous en révèle le sens : « Ce mystère, (…), c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. » Parmi nous, en effet, rares sont ceux qui sont juifs d’origine. Donc notre seul accès à la vie avec Dieu, c’est le Christ. Dieu nous offre, dans le Christ Jésus, de devenir enfants de Dieu, nous qui sommes issus du monde païen. Nous ne sommes pas liés au Dieu d’Israël de façon évidente. C’est vraiment un cadeau qui nous est fait : par la venue de Jésus, par sa mort et sa résurrection, et le témoignage de l’Eglise, la Parole de Dieu – qui est le Christ, est venue jusqu’à nous, et la connaissance du vrai Dieu, Dieu d’Israël.
Nous voyions dans le récit évangélique comment peut se faire pour des païens la découverte du Christ. En observant le monde, à la manière des savants, ils voient un signe qui leur indique la naissance du roi d’Israël. Ce signe les met en mouvement. Ils ont soif de vérité, et se déplacent jusqu’à la capitale politique du peuple d’Israël, où se trouve le roi, et en principe son descendant, son enfant. Au lieu d’un enfant, ils trouvent la Parole de Dieu, interprétée par ceux qui la connaissent. Les mages font alors un pas de plus pour découvrir l’enfant né à Bethléem.
La raison alliée à la foi leur permet de découvrir le Christ. Donc il nous faut les deux, ensemble. Jamais la foi ne bride la raison, au contraire, elle la stimule sans cesse, et jamais la raison ne peut écarter la question de la foi. Dès qu’elle le fait, elle devient folle. La connaissance, par la science, du monde où nous sommes, permet de mieux comprendre et interpréter le projet de Dieu sur le monde, dont il est souverain.
Enfin : trois types de personnages apparaissent comme acteurs du récit :
- Les mages : ils voient l’étoile et ils agissent, ils voyagent sans se décourager, même quand la direction est difficile à trouver
- Hérode : il entend les déclarations des mages, et il agit, mais pas pour le bien.
- Les docteurs de la Loi : ils ont les Ecritures, ils entendent les mages, et bizarrement ils ne font rien.
Que pour cette nouvelle année nous soyons comme les mages, en mouvement avec empressement vers le roi des juifs, et non comme Hérode ou les docteurs de la loi.
Père Bertrand Carron
En cette fête de l’Épiphanie, l’Église nous fait contempler une étoile. Ce n’est pas un simple détail du récit : cette étoile nous enseigne comment Dieu agit et comment l’homme peut le rencontrer.
Le mot Épiphanie signifie manifestation.
Aujourd’hui, Dieu se manifeste non pas seulement à Israël, mais à toutes les nations. Les mages viennent de loin, ils sont païens, étrangers à la Loi et aux prophètes, et pourtant ils sont appelés.
Cela nous dit une chose essentielle : Dieu veut rejoindre tout homme, quel que soit son pays, sa culture ou son histoire.
Comme le dit le prophète Isaïe : « Les ténèbres couvrent la terre, mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparait. »
Le monde peut être plongé dans l’obscurité, mais Dieu allume une lumière. Cette lumière prend la forme d’une étoile. Elle représente la manière dont Dieu guide l’humanité.
Les mages sont éclairés de deux façons :
- par une lumière extérieure : l’étoile dans le ciel ;
- par une lumière intérieure : le désir de chercher la vérité.
Dieu agit toujours ainsi : Il parle au cœur de l’homme et il lui donne aussi des signes concret sur sa route.
Saint Paul nous rappelle que même ceux qui ne connaissent pas le Christ ont une loi inscrite dans leur cœur. Personne n’est privé de la lumière de Dieu.
Mais cette lumière n’oblige jamais.
Elle invite.
Et les mages font ce que Dieu attend de chacun de nous : ils se mettent en route
Les mages ne s’arrêtent pas à l’étoile. Ils ne s’installent pas dans le signe. Ils avancent jusqu’à l’enfant.
Car l’étoile ne désigne pas un lieu, elle sont comme une boussole et désigne une personne : le Christ, lumière véritable, venu éclairer tout homme.
« Le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire. »
Dieu ne se révèle pas dans la puissance, mais dans la faiblesse. Il ne se manifeste pas dans un palais, mais dans un enfant. Il se laisse reconnaître par ceux qui ont un cœur humble.
Arrivés devant l’enfant, les mages font un geste essentiel : ils se prosternent. Ils comprennent que cet enfant n’est pas seulement à regarder, mais à adorer.
Adorer le christ cela veut dire, à la lumière de l’étoile, voir dans cet enfant un roi et lui offrir de l’or : il est le roi de l’univers et de nos vies.
Voir dans cet enfant notre rédempteur et lui offrir la myrrhe que l’on offre aux morts, parce qu’il est le seigneur de la vie.
Voir dans cet enfant Dieu, et lui offrir l’encens qui est réservé à dieu dans la liturgie juive du temple.
Leurs cadeaux sont une véritable profession de foi.
L’Épiphanie nous apprend donc que le but de la vie chrétienne n’est pas seulement de marcher vers un but, ni même seulement de comprendre, mais d’adorer. Adorer, c’est reconnaître que Dieu est Dieu et que nous ne le sommes pas. C’est remettre notre vie entre ses mains.
Cette fête nous pose une question très simple : quelle étoile suivons-nous ? Avons-nous le courage de nous laisser guider par Dieu, même quand le chemin est long, même quand il nous dérange ?
Un enfant disait un jour : « Adorer, c’est aimer… et plus qu’aimer. »
Il avait raison.
Car pour comprendre Dieu, il faut un cœur d’enfant : un cœur capable de lever les yeux, de croire qu’il y a des étoiles dans le ciel, et surtout une étoile dans le cœur.
Que cette fête de l’Épiphanie nous aide à marcher dans la lumière du Christ et à trouver, comme les mages, la joie de l’adoration.
Père Gabriel Ferone
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Nous ne sommes pas Dieu, loin s’en faut et pourtant je suis à « l’image » de Dieu. Pour cela, je dois m’efforcer 1) d’être le plus possible cette « image » aux yeux de mes compatriotes 2) de voir en ceux-ci « l’image de Dieu ». Ce qui me fait penser que Dieu n’est present et n’agit qu’à travers l’humanité. Conclusion, c’est un peu Noël (une incarnation) à chaque naissance.