Lien vers les lectures du 6e dimanche de Pâques
Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements
Donc la grande raison pour nous de suivre les commandements, c’est l’amour que nous avons pour Jésus.
Alors, quels sont ces commandements, et comment pouvons-nous les mettre en œuvre ?
Quels sont les grands commandements, selon Jésus ?
Quel est le nouveau commandement ?
À chaque fois il s’agit d’aimer ; avec le nouveau commandement, il s’agit d’aimer strictement les frères. Le critère de l’amour que nous avons pour Dieu, c’est l’amour du frère. Il n’en existe pas d’autre.
Pourquoi avons-nous alors besoin d’un défenseur ? Parce que nous nous laissons accuser par l’accusateur. Le démon est l’accusateur, il nous pousse à mal faire, puis nous met la honte : regarde ce que tu as fait, comment pourrais-tu revenir vers Dieu après tout ça ?
Le défenseur nous garantit contre ces attaques. Il nous prévient du mal, à éviter, et nous libère de la condamnation. Vraiment nous pouvons prier l’Esprit, défenseur et consolateur, pour qu’il nous entraine vers les actes bons, et nous libère de tout jugement : celui que nous portons vers nos frères et sœurs, étrangers, différents, détenus, gitans, bouc-émissaires, celles que nous portons contre nous-mêmes. Il est facile de se condamner soi-même, et de ne plus oser revenir à Dieu.
Or, nous avons un défenseur, et depuis notre baptême il est déjà présent. Il n’attend que notre prière pour agir en nous. « Esprit de Dieu, Esprit d’amour, sois l’amour de Dieu brûlant en moi ».
Père Bertrand Carron
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit :
« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. »
Ces paroles sont bouleversantes, car elles nous révèlent quelque chose d’essentiel : nous ne sommes pas abandonnés. Jésus le dit clairement :
« Je ne vous laisserai pas orphelins. » Essayons de comprendre ce que le Seigneur veut nous dire !
Pour mieux saisir la grâce immense du temps dans lequel nous vivons, On peut essayer très schématiquement diviser l’histoire du salut en trois temps :
le temps du Père, le temps du Fils, et le temps de l’Esprit.
Il y a d’abord eu ce que l’on peut appeler le temps du Père.
C’est le temps de l’Ancienne Alliance, le temps où Dieu éduque son peuple comme un père éduque son enfant, un enfant à la « nuque raide » comme dit l’écriture, un enfant difficile. Mais Dieu, comme un vrai père, ne se décourage pas. Il n’abandonne pas son enfant. Il donne une Loi, il trace un chemin, il enseigne ce qui est bien et ce qui est mal. La relation à Dieu est alors marquée par une certaine distance : Dieu est reconnu comme le Très-Haut, et l’homme peu à peu apprend à lui obéir. C’est un temps nécessaire, un temps de fondation, où l’humanité, sortant de l’enfance, apprend à marcher , à sortir du désordre, à entrer dans une vie juste.
Puis vient le temps du Fils, avec la venue de Jésus.
Dieu ne se contente plus de parler ou de commander, il vient lui-même à notre rencontre. Il se rend proche, visible, accessible. Ce n’est plus seulement la Loi qui est donnée, c’est la grâce qui est offerte. Ce n’est plus seulement l’obéissance qui est demandée, c’est l’amour qui est suscité. « Si vous m’aimez vous garderez mes commandements. »
Les disciples ne sont plus simplement des serviteurs, ils deviennent des amis. Dieu se révèle comme un Père, et nous apprend à l’aimer comme des fils.
Et pourtant… aussi extraordinaire que cela puisse paraître… nous ne sommes pas moins favorisés qu’eux.
Car Jésus nous annonce aujourd’hui quelque chose d’encore plus grand :
« Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera toujours avec vous. »
Frères et sœurs, nous vivons le temps de l’Esprit.
Un temps où Dieu n’est plus seulement extérieur à nous, ni même seulement à nos côtés, mais au-dedans de nous.
Cela signifie que notre relation à Dieu n’est plus d’abord une relation de contrainte, de simple obéissance à une loi extérieure. Elle devient une relation intérieure, vivante, animée par l’Esprit Saint.
La loi n’est pas abolie, mais elle est accomplie dans l’amour.
Ce n’est plus la crainte ou le respect qui guide, mais la présence intérieure de Dieu.
Et surtout, Jésus n’est pas moins présent aujourd’hui qu’il ne l’était il y a deux mille ans — il est, d’une certaine manière, encore plus présent.
Car autrefois, il était présent dans un lieu, à un moment donné. On pouvait le voir en Galilée, en Judée, mais pas ailleurs.
Aujourd’hui, par le mystère de l’Eucharistie,
il est présent partout sur la terre, en même temps.
À chaque messe, sur chaque autel, le Christ se rend réellement présent.
Le même Christ, vivant, offert pour nous.
Et ce n’est pas tout.
Le Christ est aussi vivant dans son Église.
Chaque fois qu’un prêtre célèbre les sacrements, ce n’est pas simplement un homme qui agit.
C’est le Christ lui-même qui agit.
Quand il pardonne, c’est le Christ qui pardonne.
Quand il consacre, c’est le Christ qui se donne.
Quand il bénit, c’est le Christ qui bénit.
Alors comprenons bien la force de cette parole : « Vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. »
Nous ne sommes pas simplement les héritiers d’un souvenir.
Nous ne suivons pas un personnage du passé.
Nous vivons en communion avec quelqu’un qui est Dieu.
Frères et sœurs,
Nous vivons dans un monde souvent inquiet, parfois désorienté, un monde qui cherche. Mais nous, nous savons ceci :
Nous ne sommes pas orphelins.
Nous ne sommes pas seuls.
Nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes.
Le Christ est là.
Dans son Église.
Dans les sacrements.
Dans nos cœurs.
Alors demandons cette grâce :
non seulement de croire que Dieu est présent,
mais de vivre comme des hommes et des femmes habités par sa présence.
Et que notre vie devienne le signe visible de cette vérité :
le Christ est vivant, et il demeure avec nous, pour toujours.
Père Gabriel Ferone
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