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Aujourd’hui, je voudrais vous parler… de football !

Rassurez-vous, il ne sera pas question de savoir si l’on est pour le PSG, Lyon ou Saint Etienne. Mais le football peut nous aider à comprendre ce qu’est le baptême.

Quand un joueur entre sur le terrain, la première chose que l’on remarque, c’est son maillot. Le maillot dit immédiatement dans quelle équipe il joue. Les Français portent le bleu. Cette couleur est devenue celle de notre équipe nationale parce qu’elle est aussi la couleur de la Vierge Marie, la patronne de la France.
Aujourd’hui, ces trois enfants reçoivent eux aussi un maillot. Ce n’est pas un maillot bleu, mais un vêtement blanc, c’est un des rites du baptême. Ce vêtement n’est pas un simple souvenir. Il signifie qu’ils appartiennent désormais à l’équipe de Jésus-Christ. À partir d’aujourd’hui, ils portent ses couleurs. Ils deviennent membres de son Église.

Mais porter un maillot ne suffit pas. Combien de supporters possèdent le maillot de leur équipe sans jamais entrer sur le terrain ! Le baptême n’est pas une décoration que l’on accroche au mur. C’est le début d’un match, pas la fin.

Et un match, cela ne se joue jamais tout seul.
Nous l’avons encore vu récemment : une équipe peut avoir les meilleurs joueurs du monde, si chacun joue pour lui-même, elle finit par perdre. À l’inverse, une équipe moins brillante sur le papier peut l’emporter parce qu’elle joue ensemble, qu’elle fait les bonnes passes, qu’elle se soutient.
Il en va de même pour les chrétiens. Un chrétien seul est une contradiction. On ne suit pas Jésus tout seul dans son coin. L’Église est une équipe. Nous avançons ensemble. Nous prions ensemble. Nous nous relevons ensemble. Lorsque l’un tombe, les autres l’aident à se remettre debout.

Dans un match, il faut aussi de bons crampons. Sans eux, au premier changement de direction, on glisse. Les crampons permettent de rester debout et de garder l’équilibre.
Pour ces enfants, les premiers crampons, ce seront leurs parents, leurs parrains et leurs marraines. C’est vous qui allez leur apprendre à tenir debout dans la foi, à se relever après leurs chutes, à s’accrocher lorsque la vie deviendra difficile. Vous ne pourrez pas jouer le match à leur place, mais vous pourrez leur donner un bon appui pour qu’ils avancent.

Et puis il y a les règles du jeu.
Dans le football, on ne gagne pas avec des coups tordus, des simulations, des tricheries ou des croche-pieds, sauf si vous êtes de l’équipe du Paraguay. Le beau jeu demande du respect, de la loyauté.
Dans la vie chrétienne aussi, il existe une règle fondamentale. Jésus la résume en deux commandements : aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même. Celui qui joue selon ces règles joue déjà dans l’esprit du Christ.

Et l’arbitre ?
L’arbitre, c’est le Christ lui-même. Lui seul voit tout. Lui seul connaît le fond des cœurs. Il n’est pas là pour nous piéger, mais pour conduire chacun jusqu’à la victoire. Il donne des cartons jaunes mais jamais de carton rouge.

Alors, sommes-nous certains de gagner ?
Oui… et non.
Oui, parce que le Christ a déjà remporté la victoire sur le péché et sur la mort. Il nous ouvre le chemin de la vie éternelle.
Mais cette victoire, chacun doit encore l’accueillir librement. Le baptême n’est pas un billet automatique pour le ciel. Si le résultat était acquis quoi que nous fassions, où serait la beauté du match ? Dieu ne veut pas des spectateurs. Il veut des joueurs.
Toute notre vie sera ce grand match où il faudra apprendre à aimer, à pardonner, à servir, à persévérer. Il faudra parfois tomber, souvent se relever, toujours continuer. Comme l’Argentine, jusqu’à la fin du temps réglementaire, on peut renverser la table et gagner.
Et c’est là notre immense espérance : si nous jouons avec Jésus, si nous restons dans son équipe, si nous avons Messie avec nous, le vrai Messie, celui qui est ressuscité d’entre les morts, si nous ne quittons pas le terrain de l’Église, si nous suivons les règles du jeu, alors nous avons toutes les chances d’être vainqueurs. Et au vainqueur je donnerai la couronne de vie, dit l’écriture, c’est à dire la vie éternelle.

Alors, chers parents, faites en sorte que ce vêtement blanc ne reste pas rangé dans une boîte à souvenirs. Qu’il rappelle chaque jour à vos enfants qu’ils portent désormais le maillot du Christ. C’est à vous de leur montrer l’exemple d’une vie, puisque vous aussi vous porter son maillot.

Et vous, chers enfants, même si vous ne vous en souviendrez pas aujourd’hui, un jour vous comprendrez que vous avez été choisis pour la plus belle des équipes. Une équipe qui traverse les siècles, qui rassemble tous les peuples, et dont le capitaine est Jésus lui-même.

Amen.

Père Gabriel Ferone

Retrouvez les homélies du père Gabriel et du père Bertrand dans la rubrique « Messes et célébrations » / « Homélies des pères Gabriel et Bertrand » de ce site

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