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Lien vers les lectures de la solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Frères et sœurs,

En ce jour du Corpus Christi, nous adorons le Christ présent dans l’Eucharistie.
Nous contemplons avec foi le Corps du Christ exposé dans l’ostensoir lors des temps d’adoration.
Mais il est important de ne pas réduire la présence du Christ à la seule hostie consacrée.

L’Église nous enseigne en effet que le Christ se rend présent à nous de plusieurs manières, inséparablement liées entre elles.

La Présentation Générale du Missel Romain (le livre qu’utilise le prêtre pour dire la messe) le dit clairement :

« Le Christ est réellement présent dans l’assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa parole et aussi, mais de façon substantielle et continuelle, sous les espèces eucharistiques. »

Autrement dit, lorsque nous célébrons l’Eucharistie, le Christ vient à notre table de quatre manières.

D’abord, il est présent dans l’assemblée réunie en son nom.
Jésus lui-même l’a promis :

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Chaque dimanche, nous ne venons pas simplement assister à une cérémonie.
Nous apprenons à devenir un seul Corps.
Le Christ nous rassemble, nous relie les uns aux autres.

Les gestes les plus simples prennent alors une profondeur immense :
se saluer avant la messe, échanger la paix du Christ, accepter de s’asseoir à côté de quelqu’un que nous n’avons pas choisi… Tout cela manifeste déjà l’œuvre de Dieu.
Le Christ fait de nous son Corps lorsque nous acceptons d’être rassemblés par lui.

La fraternité, la simplicité, la joie qui habitent une communauté chrétienne ne sont pas des détails secondaires : elles sont déjà un signe sacramentel de la présence du Seigneur.

Le Christ est aussi présent dans le ministère ordonné.

Les prêtres, les diacres, les évêques ne sont pas là pour prendre la place du Christ, mais pour signifier qu’un Autre nous appelle et nous conduit.
Leur présence nous rappelle que l’Église ne se construit pas elle-même.
Elle reçoit sa vie du Christ.

Saint Paul écrivait :

« Le Christ a donné à certains d’être apôtres, à d’autres prophètes, évangélistes, pasteurs et enseignants, afin de construire le Corps du Christ. »

Les ministres ordonnés ne sont pas au-dessus du peuple de Dieu ; ils sont mis à part pour servir la communion de tous.

Le Christ est encore présent dans sa Parole.

À chaque messe, il y a deux tables :
la table de la Parole et la table de l’Eucharistie.

Quand les lectures sont proclamées, ce n’est pas simplement un texte ancien que nous entendons.
C’est le Christ vivant qui nous parle aujourd’hui.

Voilà pourquoi l’Église donne tant d’importance à la proclamation de la Parole, au silence qui l’accueille, à l’homélie qui tente humblement de l’actualiser dans nos vies.

Enfin, bien sûr, le Christ est présent dans son Corps et son Sang eucharistiques.

Sous les signes du pain et du vin, il se donne lui-même.
Mais il ne s’agit pas seulement pour nous de “recevoir” le Christ comme on prend une nourriture ordinaire.

Saint Augustin écrivait cette parole bouleversante , il fait parler le Christ :

« Tu ne me transformeras pas en toi ; c’est toi qui seras transformé en moi. »

Dans la communion, le Christ nous assimile à lui.
Il fait de nous son Corps vivant dans le monde.

Frères et sœurs, il est essentiel de tenir ensemble ces quatre présences du Christ.
Car elles se répondent et s’éclairent mutuellement.

Et cela est particulièrement important pour ceux qui, pour diverses raisons personnelles ou familiales, ne peuvent pas communier sacramentellement au Corps du Christ.

Même lorsque l’accès à l’hostie consacrée n’est pas possible, personne n’est exclu de la rencontre avec le Seigneur.
Le Christ demeure présent dans l’assemblée fraternelle, dans la Parole vivante, dans la prière de l’Église, dans la bénédiction reçue.

Personne ne doit se croire rejeté de la table du Seigneur.

D’ailleurs, la liturgie elle-même nous le rappelle par le signe de l’encens.
Au cours de la messe, nous encensons l’autel, l’Évangile, les dons du pain et du vin, les ministres et toute l’assemblée.
Comme si les volutes d’encens enveloppaient dans une même offrande toutes les formes de la présence du Christ parmi nous.

Alors, en cette fête du Corps et du Sang du Christ, demandons la grâce de ne jamais enfermer Jésus dans une seule manière d’être présent.

Le Christ est vivant au milieu de son peuple.
Il parle.
Il rassemble.
Il nourrit.
Il transforme.

Et il ne dédaigne jamais de venir s’asseoir à notre table, malgré notre pauvreté et notre indignité, pour faire de nous, peu à peu, son propre Corps.

Père Gabriel Ferone

Retrouvez les homélies du père Gabriel et du père Bertrand dans la rubrique « Messes et célébrations » / « Homélies des pères Gabriel et Bertrand » de ce site

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