Lien vers les lectures du dimanche 25 janvier

Beaucoup de gens pensent que leur vie est écrite d’avance, comme si tout était déjà décidé, sans possibilité de changer quoi que ce soit. .
Dans l’Antiquité, on appelait cela le fatum, c’est-à-dire la fatalité. Ce mot vient du latin fari, qui signifie « dire ». Le fatum, c’est ce qui a été « dit d’avance » par les dieux, et qui doit arriver quoi qu’on fasse.
Selon cette vision, l’homme n’est pas vraiment libre : il avance vers un destin qu’il ne peut pas éviter. Même s’il essaie de bien faire, même s’il lutte, il finit par être broyé par le destin.
C’est pour cela que les anciens ont inventé la tragédie. Dans une tragédie, on voit un homme courageux, parfois juste, mais pris dans une force plus grande que lui. Et à la fin, malgré ses efforts, il est conduit à sa perte.
Dans la tragédie, il n’y a pas d’issue. La souffrance et la mort sont la fin de l’histoire.
L’Évangile, lui, ne parle pas de fatalité, il parle de liberté et d’appel.
Dieu ne programme pas ta vie comme une machine. Il ne décide pas tout à ta place. Il ne t’oblige pas. Il t’appelle, et il attend ta réponse.
Saint Paul le dit clairement : « Vous avez été appelés à la liberté. »
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus marche au bord du lac. Il ne fait pas un grand discours compliqué. Il regarde des hommes dans leur vie ordinaire. Ce sont de simples pêcheurs.
Et il leur dit : « Venez à ma suite. »
Il ne les force pas. Il ne les menace pas. Il les appelle.
Et eux, ils laissent leurs filets. Pas parce qu’ils sont obéissant, mais parce qu’ils ont entendu une parole qui donne confiance et qui ouvre un avenir.
Être appelé, c’est d’abord être appelé par son nom. Tu n’es pas un numéro, ni un pseudo sur un réseau social. Tu es quelqu’un d’unique.
Être appelé, c’est découvrir que quelqu’un te connaît et t’aime tel que tu es.
Être appelé, c’est aussi ne plus être seul. Car Jésus est avec toi à tes côté.
Même quand tu te sens perdu, dans le noir, tu n’es jamais abandonné.
Être appelé, c’est enfin recevoir une mission. Pas forcément quelque chose d’extraordinaire ou de spectaculaire. Ce qui compte, ce n’est pas de briller,
mais d’aimer et de faire le bien là où tu es.
Jésus n’a pas choisi les meilleurs ou les plus sages.
Il a appelé :
Pierre, un impulsif, qui la renié trois fois.
Simon le zélote, ancien partisan de la violence,
Matthieu, collecteur d’impôts, pas très honnête.
Et Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »
Dans l’Évangile, la faute n’est jamais une fatalité.
On peut tomber, mais on peut toujours se relever.
Il y a des appels visibles comme celui des apôtres.
Mais il y a aussi des appels discrets : être quelqu’un de juste, fidèle, droit,
dans ta famille, à l’école, au travail, avec tes amis.
Souvent, les plus proches de Dieu ne sont pas ceux qui font le plus de bruit. Il existe des saints silencieux. Et ce sont souvent les vrais. En ce début d’année, j’ai une question simple…
Quelles voix écoutes-tu vraiment ?
Celle des réseaux sociaux ?
Celle d’un monde où seul comptent l’argent et la réussite ?
Ou bien la voix de Dieu, plus discrète, mais qui libère ?
Pour l’entendre, il faut parfois faire silence, poser le téléphone, s’éloigner de ce qui fait du bruit.
Le bien ne fait jamais de bruit.
Dieu ne crie pas. Il parle doucement, dans le silence du cœur.
Aujourd’hui encore, Jésus passe près de toi.
Il te regarde. Il t’appelle par ton nom. Il suffit d’ouvrir l’évangile qui est sa parole pour l’entendre et qui sait ? Lui répondre.
Père Gabriel Ferone
Retrouvez les homélies du père Gabriel et du père Bertrand dans la rubrique « Messes et célébrations » / « Homélies des pères Gabriel et Bertrand » de ce site

Cet article comporte 0 commentaires