Lien vers les lectures du dimanche 14 décembre
Es-tu celui qui doit venir ?
Jean Baptiste s’interroge dans son cachot. Il a annoncé Jésus comme « Le Christ », celui qui vient pour sauver les hommes.
Maintenant dans l’épreuve de sa prison il s’interroge. Il cherche des raisons d’espérer. Jésus répond par ses actions. Jésus accomplit presque mot à mot ce que Isaïe avait annoncé : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête. »
Jésus introduit donc dans l’action de Dieu. Reconnaître le Christ consiste à agir comme Dieu. Dieu agit dans la discrétion. À tel point que certains l’accusent de ne pas agir. Le Pape François parlait de l’Eglise comme un « hôpital de campagne ». Cette image est très juste : où allons-nous trouver les aveugles, les boiteux, les sourds et les muets, sinon à l’hôpital ? Il faut que dans l’Eglise nos vies prennent part à cet hôpital. C’est d’ailleurs la réalité de la vie de l’Eglise aujourd’hui. C’est à la fois une image et une réalité.
Reconnaître Jésus c’est agir comme lui, et le chercher dans l’hospitalité pour tous. Nous montrons alors au monde celui qui vient. Il est possible que Jésus ne soit pas reconnu.
Nous ne pouvons pas reconnaître Jésus sans vouloir faire la même chose que lui. C’est-à-dire sans faire la même chose que Dieu lui-même.
Père Bertrand Carron
Frères et sœurs, et vous, chers jeunes,
L’Évangile d’aujourd’hui nous montre un moment très fort : les disciples de Jean Baptiste viennent voir Jésus et lui demandent : « Es-tu Celui qui doit venir ? »
Ce n’est pas Jean qui doute. Jean sait très bien qui est Jésus : il l’a reconnu dès le début. Mais ses disciples, eux, sont un peu perdus. Ils imaginaient un Messie spectaculaire, un prophète de feu qui écrase ses ennemis, un justicier qui renverse tout d’un coup.
Et Jésus, lui…
-
il guérit,
-
il pardonne,
-
il mange avec les pécheurs,
-
il console les blessés,
-
il relève ceux qui sont fatigués.
Bref… Jésus n’est pas comme ils pensaient. Alors ils viennent vérifier : “C’est vraiment toi le Messie ?”
Parce que nous aussi, on a parfois une image de Dieu qui n’est pas la bonne. On voudrait un Dieu qui répond vite, qui arrange nos problèmes en un claquement de doigts, qui agit comme nous l’avons imaginé.
Et Jésus nous montre un autre visage : un Dieu proche, un Dieu qui guérit les cœurs un par un,
un Dieu patient, humble, discret. Parfois, cela nous déroute. Et c’est normal.
Jésus ne dit pas : « Oui, je suis le Messie, celui que vous attendiez… » Il répond par des signes :
« Les aveugles voient, les boiteux marchent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »
En clair : “Vous voulez savoir qui je suis ? Regardez ce que Dieu fait.”
Et c’est encore vrai aujourd’hui : Quand une relation blessée retrouve un chemin, Jésus agit. Quand un cœur s’ouvre, même un tout petit peu, Jésus agit.
Le Messie, ce n’est pas un super-héros. C’est Dieu qui fait renaître la vie là où elle semblait perdue.
Heureux celui qui accueille un Dieu humble.
Jésus ajoute : « Heureux celui qui ne se scandalise pas de moi. »
Heureux celui qui accepte un Dieu :
-
qui vient lentement,
-
qui vient doucement,
-
qui vient comme un enfant…
Et ça tombe bien : nous sommes en Avent, la saison où Dieu vient justement comme un tout petit enfant,
dans la fragilité, dans la douceur, dans un tout-petit qui ne parle même pas encore.
Dieu ne s’impose pas. Il se propose. Comme un nouveau-né qu’on accueille, qu’on prend dans les bras,
qu’on aime sans condition.
C’est surprenant !
Jean Baptiste est un géant spirituel.
Et Jésus dit pourtant : « Le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui. »
Alors pourquoi ?
👉 Parce que nous connaissons Jésus ressuscité.
Parce que nous vivons après Pâques. Parce que nous avons reçu l’Esprit Saint. Parce que nous sommes devenus, par le baptême, enfants de Dieu.
Jean a vu Jésus commencer sa mission. Nous, nous connaissons l’histoire complète :
l’amour plus fort que la mort.
Jean a montré Jésus. Nous, nous vivons de lui.
Jean a baptisé dans l’eau, un baptême de conversion, Jésus a baptisé dans le feu et l’Esprit Saint.
Jean a annoncé le Royaume. Nous, nous y entrons pour de vrai.
Et aujourd’hui, un tout-petit de 4 mois entre dans ce Royaume.
Dieu commence une grande histoire aujourd’hui avec cet enfants qui va être baptisé.
Ce bébé ne comprend pas encore les mots. Il ne connaît pas encore les évangiles. Mais Jésus le connaît, lui.
Et aujourd’hui, Jésus vient habiter en lui.
Père Gabriel Ferrone
Retrouvez les homélies du père Gabriel et du père Bertrand dans la rubrique « Messes et célébrations » / « Homélies des pères Gabriel et Bertrand » de ce site

Cet article comporte 0 commentaires